Écrire une nouvelle est un exercice en apparence périlleux et contraignant. Chaque signe compte, chaque phrase doit être pertinente, chaque situation… impactante ! Non, se frotter à ce genre littéraire n’est pas chose aisée. Mais paradoxalement, il offre aussi un champ des possibles presque infini. Et avec lequel on peut s’amuser ! Suggérer plutôt que décrire, s’appuyer sur l’ellipse, donner vie à ses personnages en quelques détails : les outils à disposition des auteurs sont vastes. Si vastes qu’il est important de se poser les bonnes questions avant de se lancer dans l’écriture d’un texte… aussi resserré. Librinova, expert en organisation de concours d’écriture, vous aide à y voir plus clair.
- Mon idée répond-t-elle naturellement au thème du concours ?
- Puis-je résumer mon idée en une ou deux phrases ?
- Mon idée est-elle adaptée au format de la nouvelle ?
- Ai-je déjà lu cette histoire ?
- Ai-je vraiment envie d’écrire cette histoire ?
- Est-ce que mon idée suscite une émotion ?
- Pourquoi mon personnage est-il la bonne personne pour vivre cette histoire ?
- Quel est l’enjeu de ma nouvelle ?
- Mon idée tient-elle uniquement grâce à sa chute ?
- Pourquoi mes lecteurs auront-ils envie de tourner la page ?
En quelques titres:
Mon idée répond-t-elle naturellement au thème du concours ?
Gare au hors-sujet ! Si vous comptez proposer votre nouvelle à un jury dans le cadre d’un concours d’écriture, celle-ci devra évidemment en respecter le thème. La tentation peut être grande d’envoyer un texte que vous avez déjà en stock, quitte à le réécrire légèrement. Demandez-vous : les modifications sont-elles cohérentes ? L’idée reste-t-elle fluide et intéressante ? Au contraire, jugez-vous certaines scènes retravaillées de façon trop forcée ? Attention, la force d’une nouvelle réside dans son équilibre et sa justesse.
Puis-je résumer mon idée en une ou deux phrases ?
Les auteurs ont souvent du mal à pitcher sommairement leur manuscrit. Pour la nouvelle, réussir cet exercice est essentiel. Quelles sont les deux phrases qui résument votre idée ? Si vous peinez à trouver la réponse ou s’il est compliqué de résumer votre idée, il y a de fortes chances que cette dernière ne soit pas encore pleinement aboutie et qu’elle mérite d’être retravaillée.
Mon idée est-elle adaptée au format de la nouvelle ?
Une fois que votre idée tient en deux phrases, une autre question devrait émerger. Le format choisi est-il le bon ? Une nouvelle fait rarement plus de 16 000 signes : réussirez-vous à développer aussi vite votre propos sans oublier en route ce qui fera sa singularité et sa qualité ? Pouvez-vous vous appuyer sur les figures de style à votre disposition pour enrichir votre texte ? Et surtout, avez-vous envie d’écrire cette idée sous forme de nouvelle ?
Ai-je déjà lu cette histoire ?
L’originalité est un élément important de votre proposition. D’une certaine manière, le lecteur doit avoir envie de la résumer en une ou deux phrases pour en parler autour de lui après vous avoir lu. Parce qu’il a été surpris, choqué, bouleversé par votre texte… Ne cherchez pas pour autant à « faire original ». L’objectif est de proposer une nouvelle inédite. Si nombre d’intrigues sont universelles, c’est la manière (le ton, le style…) dont elles sont racontées qui fait leur sel.
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Ai-je vraiment envie d’écrire cette histoire ?
Les réflexions précédentes nous font arriver à la question la plus importante de toutes : avez-vous vraiment envie d’écrire cette histoire ? De passer des heures en sa compagnie ? Il faut à la fois qu’elle vous inspire et que vous réussissiez à vous en détacher assez pour la modifier au besoin. Aussi, avez-vous les épaules pour traiter du thème choisi ? Aimer une idée et avoir envie de l’écrire sont deux choses totalement différentes. Certains livres nécessitent d’être lus au « bon moment ». C’est également vrai pour les auteurs qui prennent la plume.
Est-ce que mon idée suscite une émotion ?
La nouvelle a le même objectif que n’importe quel autre genre littéraire. Les lecteurs vont-ils ressentir des émotions en vous lisant ? Et lesquelles ? Définir clairement les sentiments que vous aimeriez susciter peut être intéressant : votre pré-travail sur le choix de la forme, du ton, du type de narration ou des zones d’ombre laissées n’en sera que plus précis !
Pourquoi mon personnage est-il la bonne personne pour vivre cette histoire ?
Comme nous l’avions évoqué dans notre article intitulé « Comment écrire une nouvelle qui donne l’impression d’un grand roman », le travail autour de la construction des personnages est très particulier dans une nouvelle. Dès les premières lignes, ces derniers doivent exister. Le lecteur n’a pas le temps de les découvrir petit à petit au fur et à mesure des pages et surtout, il doit estimer que votre personnage est parfaitement juste. En d’autres termes : cette histoire ne peut arriver qu’à lui et à personne d’autre.
Il sera donc très important de disperser au fil du récit les arguments qui renforcent la crédibilité de votre personnage. Ses gestes, sa manière de parler, ses réactions auront bien plus d’impact que de longues descriptions (qui vous empêcheront de respecter le nombre de signes).
Quel est l’enjeu de ma nouvelle ?
À vrai dire, il est même double. En ce qui concerne le fond de votre histoire, demandez-vous si vous répondez à cette question : que risque de perdre ou de gagner mes personnages ? L’enjeu pourra prendre des formes diverses ! Cela peut être un danger qui se dessine, une action qu’il faut mener à bien, un secret du passé qui s’apprête à être révélé, un choix qui bouleverse…
L’enjeu est également votre objectif en écrivant votre nouvelle. En d’autres termes : que souhaitez-vous dire à travers vos mots ? Dénoncer un comportement, honorer un personnage, mettre en lumière un lieu que vous aimez ? Là encore, tout est possible. Reste à garder votre objectif bien en tête tout au long de l’écriture.
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Mon idée tient-elle uniquement grâce à sa chute ?
Que serait une nouvelle sans une bonne chute ? Les lecteurs l’attendent et c’est peut-être l’élément que vous avez imaginé en premier. Il est aussi courant de construire un texte à partir de celle-ci. Attention néanmoins de ne pas proposer une histoire qui ne soit qu’un prétexte pour amener vos lecteurs à votre chute. L’histoire est le chemin qui monte crescendo vers la chute.
Une excellente chute ne fera pas oublier une nouvelle moyenne. La couleur finale qu’elle donne au récit et l’impression durable qu’elle laisse au lecteur dépendent de la qualité du texte qui la précède. Retournement trop attendu, explication artificielle, déjà-vu : assurez-vous de l’efficacité de votre chute. Assurez-vous surtout de l’efficacité du texte qui y conduit. En toute logique, les enjeux que vous avez déterminés vous donneront les clés pour écrire une bonne chute.
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Pourquoi mes lecteurs auront-ils envie de tourner la page ?
La révélation de la chute est bien sûr un élément qui tiendra en haleine vos lecteurs. Mais pas seulement. Une bonne nouvelle repose sur le charisme d’un personnage principal, sur le thème traité et la façon de le faire, sur votre style et - comme évoqué précédemment - sur le ou les enjeux de votre histoire.