La relecture est une étape clé du processus de création. Jugée contraignante et difficile pour beaucoup d’auteurs et d’autrices, elle reste essentielle pour améliorer sa nouvelle. L’une des techniques connues pour enrichir son texte consiste à limiter l’usage de verbes dits « ternes » et essayer de les remplacer dès qu’on le peut. Librinova, expert en organisation de concours d’écriture, propose de se concentrer aujourd’hui sur le célèbre verbe « être ». Comment éviter de trop l’utiliser ? Voici nos meilleures astuces.
- Verbes « ternes » et verbes « précis »
- Remplacer le verbe « être » : quelles alternatives ?
- Reformuler la phrase
- S’amuser avec les figures de style
- Corriger, supprimer… avec modération !
En quelques titres:
Verbes « ternes » et verbes « précis »
La langue française possède un certain nombre de verbes dits « ternes ». Ces derniers peuvent être qualifiés de « verbes passe-partout ». Fades, imprécis, et dénués de sens propres, ils sont spontanément très utilisés. Les plus connus ? Être, avoir, faire, dire, pouvoir, vouloir. Il est normal en tant qu’autrice et auteur de les employer souvent mais il est intéressant de les remplacer lors de l’étape de la correction, et de leur préférer des « verbes précis ».
Ceux-ci vont tout de suite venir dynamiser et colorer votre nouvelle. Ils permettront aux lecteurs de visualiser plus précisément le propos, les scènes et de mieux en percevoir les nuances.
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Remplacer le verbe « être » : quelles alternatives ?
Privilégier les verbes d’action précis
La première astuce consiste à remplacer « être » par l’ensemble des verbes d’action précis disponibles. Et ils sont nombreux !
Par exemple : « Mon frère est en colère » peut se transformer en « Mon frère peste / fulmine / hurle ».
Cela vous permet d’enrichir votre nouvelle en termes de vocabulaire et de ne plus être simplement dans la description. En choisissant des verbes d’action, vous montrez aux lecteurs ce qu’il se passe et ceux-ci n’en seront que plus attentifs et intéressés.
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Transformer l’adjectif derrière « être » en verbe
« Elle est belle » peut ainsi devenir « elle irradie », « elle est heureuse » peut se transformer en « elle jubile »…
L’emploi du verbe « être » aura dans ces cas-là tendance à figer les choses. Les remplacer permet de donner vie à vos personnages et de rendre votre texte plus dynamique.
Avoir en tête une liste de synonymes
Lorsqu’il n’a pas fonction d’auxiliaire de temps et de mode, le verbe « être » a pour signification exister, se situer ou appartenir. Lors de vos séances d’écriture ou de corrections, munissez-vous d’une liste de synonymes que vous pourrez facilement utiliser.
Voici les incontournables : Exister, devenir, appartenir, paraître, sembler, rester, substituer, se situer, habiter…
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Opter pour un verbe de perception
Là encore, une phrase considérée comme une simple description ou un constat en raison de l’emploi du verbe « être » se transformera instantanément avec un verbe de perception. Il permettra aux lecteurs de se projeter dans votre texte et d’en ressentir pleinement l’atmosphère.
Exemple : « le vent est glacé » devient « un vent glacé frappe mon visage »
Supprimer la voix passive
« Lucie est raccompagnée chez elle par Julien », « Le lapin est poursuivi par le chien », « Audrey est attaquée par son ennemi juré »… Voici trois phases à la voix passive qu’on peut totalement inverser pour supprimer le verbe être. Il suffit que le complément d’objet direct ou indirect (Julien, chien, ennemi juré) devienne sujet et le rythme change totalement. Dans nos exemples, cela donnera : « Julien raccompagne Lucie », « le chien poursuit le lapin » ou encore « son ennemi juré attaque Audrey ».
Il est assez facile de se débarrasser des nombreux « est » dans un texte en transformant des voix passives. Mais attention ! Si elle est utilisée pour des raisons de style alors ne la supprimez pas.
Reformuler la phrase
Il arrive souvent que l’on s’acharne à tordre dans tous les sens une phrase pour en supprimer une répétition ou un mot jugé trop faible. Et que l’on ne trouve pas d’alternative satisfaisante. Parfois, le plus simple est alors de changer totalement la syntaxe pour garder un rendu naturel et clair. Car il ne faut pas perdre de vue l’objectif des corrections : améliorer et fluidifier votre nouvelle.
Exemple : « Il est déjà 14 heures » peut par exemple devenir « la matinée a filé sans que je m’en aperçoive ».
Prenez de la hauteur, n’hésitez pas à vous détacher de votre texte et il n’en sera que meilleur.
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S’amuser avec les figures de style
Et si vous utilisiez des métaphores ou des comparaisons ? Souvent, le verbe « être » suivi d’un adjectif peut-être remplacé par une image qui viendra enrichir facilement votre récit.
Exemple : « il est heureux » devient « il nage dans le bonheur »
Vous pouvez également jouer avec l'énumération pour réduire l’usage du verbe être.
Exemple : « Elle est belle, joyeuse, vivante, unique »
L’ellipse permet aussi de fluidifier votre propos.
Exemple : Au lieu d’écrire « sa maman est avocate, son père est maçon », optez pour « Sa maman est avocate, son père maçon ».
Enfin, amusez-vous avec les répétitions. Et si au lieu de supprimer des « être » à tout-va, vous en ajoutiez pour enrichir le style ? La répétition est un bon moyen de rendre votre nouvelle plus singulière, rythmée et percutante.
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Corriger, supprimer… avec modération !
Bien évidemment, l’écriture reste un exercice subjectif et propre au ressenti de chacun. Et l’objectif n’est pas du tout de supprimer toutes les occurrences « être / est / sont » de votre nouvelle. Il est intéressant de se poser deux questions avant d’utiliser le verbe être.
Est-il puissant si je le place à cet endroit ? Si la réponse est oui, alors il doit être laissé. Ce verbe a lui aussi un pouvoir qu’il ne faut pas négliger. Outre les répétitions, il sera parfaitement adapté au ton de certaines scènes. Ainsi, il peut se relever terriblement efficace et percutant dans une phrase courte. Il trouvera aussi sa place dans des phrases très rythmées qui vont droit au but. On pourra également avoir envie de le garder lorsque la sonorité nous semble parfaite.
Ma phrase après avoir remplacé le verbe être est-elle toujours aussi claire et naturelle ? Vos nouveaux verbes ou tournures ne doivent pas avoir pour conséquence de compliquer et alourdir le texte. Voire diminuer sa compréhension. En vous lisant, le lecteur souhaite reconnaître votre patte. Le naturel et l'authenticité restent prioritaires. Une tournure tarabiscotée ou pompeuse desservira, plus qu’autre chose.
Enfin, écrire ne consiste pas à partir à la recherche du meilleur synonyme, des heures durant. Parfois, le verbe « être » s’impose et c’est très bien comme ça.
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