Participer à un concours d’écriture est une belle opportunité pour mettre en avant votre talent et confronter votre travail à un jury. Mais avant d’envoyer votre texte, une étape est essentielle : la relecture. Un récit bien construit, fluide et sans fautes a bien plus de chances de se démarquer, même s’il n’est pas parfait. Pour autant, relire son propre texte n’est pas une tâche facile : il faut savoir prendre du recul, traquer les incohérences et affiner son style, tout en respectant les contraintes du concours. Voici une méthode en plusieurs étapes pour livrer un texte propre et agréable à lire qui convaincra le jury.

Prendre du recul : la première étape essentielle

La tentation est grande de passer à la relecture aussitôt que vous avez terminé l’écriture de votre texte. C’est pourtant une erreur : un peu de distance est nécessaire pour repérer les faiblesses et appréhender votre manuscrit avec un regard neuf.

Pourquoi laisser reposer son texte ?

Lorsqu’on vient de terminer son roman ou sa nouvelle, on est encore trop immergé dedans pour en percevoir les défauts. Peut-être même que vous le connaissez par cœur à force d’y avoir passé du temps. Les tournures maladroites, les incohérences et les répétitions risquent fort de vous échapper.

Laisser votre texte dormir quelques jours, voire une semaine, permet « d’oublier » ce que vous avez écrit, de prendre du recul et d’avoir une vision plus objective lors de la relecture. Vous avez plus de chances d’avoir à ce moment un regard neuf sur votre propre texte.

Cette nécessité est l’une des raisons pour lesquelles il est important d’anticiper l’écriture de votre participation au concours. Si vous terminez l’écriture la veille de la date butoir, vous n’aurez pas le temps de laisser reposer avant de relire.

Se détacher émotionnellement de son texte

La plus grande difficulté de relire son texte, pour un auteur ou une autrice, est de le regarder avec un œil extérieur. Vous êtes sûrement très attaché à votre histoire pour accepter de couper ou de modifier certaines parties. Pourtant, dans le cadre d’un concours, resserrer son intrigue, clarifier des scènes ou alléger son style s’imposent parfois.

Lorsque vous relisez, posez-vous les bonnes questions, en faisant comme si vous n’étiez pas l’auteur. Il faut s’efforcer de faire comme si vous découvriez ce texte pour la première fois. Ce premier travail de prise de recul vous aidera à aborder les étapes suivantes avec plus d’efficacité et à repérer les points à améliorer

Relecture papier ou numérique : quel format privilégier ?

Pour aider à se détacher du texte, une technique qui fonctionne bien consiste à donner une forme différente à votre manuscrit. Deux possibilités :

  • imprimer son texte sur papier amène à une lecture plus lente et plus attentive, qui autorise de surligner ou d’annoter directement les passages à retravailler ;

  • relire son texte sur écran, en changeant des paramètres pour ralentir la lecture (on a tendance à lire plus vite sur écran).

Si la relecture sur ordinateur s’impose, vous pouvez « tromper » votre cerveau en lui donnant l’impression qu’il lit quelque chose de nouveau en modifiant la taille ou la police de caractère sur votre écran. Une autre technique consiste à transférer le texte sur une liseuse pour, là aussi, changer de format.

Une relecture en deux temps

Relire et corriger tout en même temps (style, orthographe, structure, intrigue…) est tentant, mais c’est souvent inefficace et vous fera perdre du temps. Quel intérêt de corriger les fautes d’un paragraphe que vous supprimerez plus tard ? L’idée est donc de mener non pas une, mais deux relectures « thématiques ».

Première relecture pour traquer les incohérences et améliorer la structure

Au cours de cette première relecture, ne vous attardez pas sur les fautes d’orthographe, de style ou de présentation. Concentrez-vous sur le fait que l’histoire tient debout et que la lecture est fluide.

Souvenez-vous que ce qui est évident pour vous ne l’est pas forcément pour le lecteur ! Relisez votre texte en vous mettant à la place de quelqu’un qui le découvre pour la première fois et vérifiez la logique de l’intrigue :

  • Est-elle compréhensible sans explication supplémentaire ?

  • Existe-t-il des incohérences dans le déroulement des événements ou dans les actions des personnages ?

  • Les transitions entre les scènes sont-elles claires et logiques ?

Analysez également le rythme du texte, car un texte de concours doit captiver rapidement et maintenir l’attention du lecteur. Traquez particulièrement les descriptions trop longues ou les passages explicatifs qui ralentissent inutilement le récit ou au contraire des scènes trop précipitées qui manquent de profondeur. Les débuts et les fins de chapitres doivent aussi être percutants et efficaces.

Enfin, vérifiez que les personnages agissent de manière logique et conforme à leur personnalité, mais aussi qu’ils évoluent au cours du récit. Un personnage qui change d’avis sans raison, qui agit de manière forcée pour faire avancer l’intrigue ou dont le langage ne correspond pas à son âge ou son statut affaiblit l’ensemble du texte.

Deuxième relecture : affiner le style

Votre histoire est maintenant bien structurée et logique, vous pouvez à présent relire une deuxième fois en vous attardant sur le style. Simplifiez les phrases lourdes, longues ou alambiquées, par exemple :

Avant : « C’est alors qu’elle prit soudainement conscience du fait qu’elle ne pouvait plus reculer face à cette situation qui lui semblait jusque-là insurmontable. »
Après : « Elle comprit soudain qu’elle ne pouvait plus reculer. »

Quelques astuces pour alléger votre style :

  • supprimez les tournures inutiles (c’est alors que, il se trouve que…) ;

  • utilisez plutôt la voix active ;

  • chassez les répétitions et les mots parasites (alors, peut-être, un peu…) ;

  • variez la construction des phrases pour donner du rythme ;

  • évitez les tics d’écriture et les clichés narratifs (par exemple, l’antagoniste qui explique son plan avant d’agir).

Fluidifiez également les dialogues pour qu’ils sonnent naturels tout en restant efficaces. Attention aux didascalies (« dit-il ») trop envahissantes ! Souvent, le dialogue se suffit à lui-même et le lecteur comprend qui parle et avec quelle émotion sans qu’elle soit précisée.

Une dernière vérification avant l’envoi

Loin d’être facultative, la vérification finale consiste à relire minutieusement pour éliminer les coquilles et les fautes d'inattention.

Traquez les fautes (orthographe, grammaire, conjugaison…)

Même le meilleur récit peut perdre en crédibilité à cause d’erreurs linguistiques. Et en concours, une mauvaise maîtrise de la langue est souvent rédhibitoire ! Pour vous aider, utilisez un correcteur automatique (Antidote, Le Robert Correcteur, Grammarly…), mais soyez critique : ces logiciels ne détectent pas toutes les fautes et parfois ils corrigent des erreurs qui n’en sont pas !

Relisez lentement et attentivement en isolant chaque phrase pour bien analyser la construction (lire à voix haute est particulièrement efficace). Une autre astuce consiste à relire votre texte à l’envers pour empêcher le cerveau de deviner le sens global et de se concentrer uniquement sur la langue.

Supprimez les erreurs typographiques

Les fautes de typographie donnent une impression de texte bâclé. Avant d’envoyer votre texte, assurez-vous que :

  • les espaces avant et après la ponctuation sont correctes (un point, une virgule → pas d’espace avant, une espace après / un point d’exclamation, un point-virgule → une espace avant et après en français).

  • les guillemets sont bien utilisés (« … » pour le français, et non “…” à l’anglaise).

  • les dialogues suivent les règles de mise en forme (tiret cadratin — et non tiret court -).

Ces détails montrent que vous avez soigné votre manuscrit jusqu’au bout.

Vérifier le respect du règlement du concours

Enfin, avant d’envoyer votre texte, prenez le temps de relire attentivement les consignes du concours pour valider que vous les avez bien respectées. Vérifiez notamment que votre envoi entre bien dans les limites de longueur minimum ou maximum, que l’histoire répond au thème imposé le cas échéant et que vous avez respecté le format de fichier pour l’envoi.

Un dernier conseil : prenez le temps de souffler avant d’envoyer votre participation. Laissez passer quelques heures et relisez une ultime fois votre texte avant de l’envoyer.

Relire son texte avant de participer à un concours montre votre sérieux et donne à votre histoire tout son impact. Un texte bien préparé, c’est un texte qui capte l’attention du jury et reste en mémoire. Alors, prenez le temps de peaufiner votre manuscrit… et lancez-vous !